mardi 2 juin 2015

"L'amour vous condamne. Voilà ce que je crois."


Californie, 1930. Dans le quartier des femmes de la prison de San Quentin, une jeune fille de dix-sept ans attend le jour de son exécution. Elle s'appelle June, a une bouille d'ange, parle avec maladresse et timidité. Elle raconte ce qui l'a menée là, sur la Desolation Road, la route de la désolation qu'on emprunte un jour et qu'on ne peut plus jamais quitter: une passion absolue, déchirante, pour un garçon nommé David, une histoire d'amour ponctuée par le vol, le kidnapping et le meurtre à travers la Californie de la Grande Dépression, en compagnie des parias, des criminels et des fantômes. Quand le journaliste venu l'interviewer demande à June ce qu'est l'amour à ses yeux, elle répond: "De la poussière et des étoiles, monsieur." 

Le long de la Desolation Road, 
il n'y a rien d'autres à contempler.



Dans le métier que j'exerce aujourd'hui j'ai la chance de pouvoir lire énormément de littérature jeunesse, et surtout des auteurs français ce que j'affectionne tout particulièrement. J'avais déjà fait connaissance avec la plume de Jérôme Noirez il y a presque trois ans avec La Dernière Flèche, qui était sa suite fantastique de la légende de Robin des Bois et qui m'avait laissé une impression mitigée... j'ai cependant retenté l'expérience avec ce court roman initiant les jeunes lecteurs à ce triste moment histoire qu'est la Grande Dépression aux États Unis, qui démarra à partir du krach boursier de 1929. (ton cours d'Histoire de terminale te reviens petit filou ?)

Amis de la joie de viiivre !

Le thème étant dur, l'histoire que nous peint Jérôme Noirez ne pouvait qu'être difficile elle aussi. Nous suivons donc en parallèle les histoire de June, adolescente de 17 ans attendant le jour de son exécution, et celle de Gayle, journaliste venu l'interviewé.
Gayle doit écrire l'histoire tragique de June pour le journal qui l'emploie, il n'est pas très sûre de vouloir l'entendre : deux adolescents qui sèment le malheur autour d'eux et qui finissent dans le couloir de la mort aussi jeunes ce n'est pas vraiment le scoop qu'il attend de la vie. Et pourtant June va l'émouvoir, il se retrouve happé par son histoire, et par la même occasion nous, lecteurs.
Le récit est double : les voix de Gayle et de June se croisent en trois parties, chaque fois la voix de Gayle nous ramenant à la dure réalité de la fin inexorable du personnage de June.

Je dois reconnaître que cette fuite désespérée de June et de son homme à travers les États-Unis de 1930 m'a fortement fait penser à un de mes "faits divers", devenu légende, préféré : Bonnie et Clyde. Je pense qu'il s'agissait d'une espèce d'hommage à ces gangsters, tristement célèbres, rendu par Jérôme Noirez et je suis plutôt satisfaite : l'ambiance pesante de ces années est très bien rendue et le duo d'anti-héros amoureux est plutôt crédible.
La plume de Noirez est cependant assez concise, presque lapidaire. Cela n’empêche pas quelques belles tournures de phrases, et de par son côté concis certaines phrases en deviennent vraiment percutantes. Malgré cela je ne suis pas totalement convaincue par ce genre de narration à la limite du trop simple (je n'aime pas le terme simpliste). Je garde en tête, évidemment, qu'il s'agit d'un ouvrage orienté jeunesse : de ce point de vue là il s'agit d'une réussite. Je pense qu'il peut ravir des adolescents à partir de 13 ans (les thèmes des hors la loi, de la sexualité et de la mort sont abordés sans fards) et les amateurs de faits divers qui ont une paire d'heure devant eux.

Je conseillerai donc ce livre aux adolescents qui aimeraient en apprendre plus sur l'histoire des Etats-Unis et qui apprécient les aventures réalistes.
Je déconseillerai aux amoureux de longues descriptions qui vous plonge entièrement dans l'époque décrite.


Petit bonus : Ma soundtrack de lecture !

Mélu.

mardi 26 mai 2015

Focus sur ... Elizabeth Olsen.

Bonjour à tous !

Mais qu'est-ce qu'elle nous balance là la Mélu ? Un focus sur une actrice ? Alors qu'elle ne nous a jamais parler de films ? Elle se sent pas bien ? 
Et bien détrompez-vous : je me sens très bien. Je n'ai pas encore parler de film pour la simple raison que je passerai mon temps à vous parlez de films... vu que je lis lentement, mais que je peux regarder jusqu'à 4 ou 5 films par jour quand je n'ai que ça à faire. Et je pense que ça vous ennuierait beaucoup au final... non ? Faites-le moi savoir si vous désirez que je parle un peu plus de cinéma ! 

Alors voilà : j'ai décidé de commencé à parler 7e art en me concentrant sur des films qui ont un point commun (et non des moindres) : l'actrice Elizabeth Olsen. 
Mais si tu la connais : elle a joué dans Avengers Age of Ultron : Wanda Maximoff, la sorcière rouge. Mais aussi dans Godzilla, la femme éplorée d'un Aaron Taylor-Johnson qui joue son jumeau dans l'autre film suscité (fan fiction slash time's!). 
Bref Elizabeth Olsen commence à percer ces dernières années, et c'est tant mieux figure toi. 

Bien loin du maigre talent d'actrices biberonnées à la télévision des années 90' de ses grandes sœurs Mary-Kate et Ashley (bon sang que j'étais fan d'elle quand j'étais gosse...) la petite Elizabeth peut se targuer d'avoir fait des études théâtrales desquelles découle des rôles plutôt intelligemment choisis.

Aujourd'hui j'ai décidé de vous parler de trois films dans lesquels Elizabeth Olsen tient un rôle principal (voir le rôle principal pour deux d'entre eux), et qui m'ont plu pour diverses raisons.

Commençons avec Liberal Arts (2012) de Josh Radnor (si tu le connais c'est le gars de How I met your Mother ! ). 
Le synopsis est très simple : "Jesse, un homme de 35 ans, rencontre une élève de 19 ans, Zibby, dans l'université où il a étudié." 
Mais autant l'histoire semble nunuche au premier abord, autant tous les dialogues de ce film empruntent au meilleur de Woody Allen : une réflexion sur la jeunesse et le monde adulte, sur les années fac et sur le fait d'avoir l'impression d'être bloqué. 
Elizabeth Olsen campe Zibby : 19 ans, étudiantes en art dramatique, pleine de fraîcheur et d’innocence qui attend de rencontrer la maturité sans vraiment la chercher (un peu comme nous tous à l'époque de la fac je dirais...). Sa rencontre avec Jesse va la bouleversée dans son monde d'adolescente, la pousser à devenir plus adulte et à réfléchir sur ses choix. Qu'il s'agisse de ses choix sentimentaux ou même de ses lectures ! (Je voudrais d'ailleurs saluer la conversation qui tourne autour d'une mystérieuse saga vampirique lue par des millions de personnes à travers le monde... )
Zibby est la clé de voute de ce film : elle permet au héros de se détacher de l'âge idéalisé pour entrer dans l'âge adulte qui le terrifie tant. Elizabeth joue ici dans un registre qui lui est encore trop peu attribuée : la joie et l'innocence, et elle excelle.
Ce film m'a réconfortée avec l'âge adulte. Je ne dirais pas que je cesserai d'être délurée ou fatigante comme une adolescente, mais je dois reconnaître qu'il m'a apprit que je pouvais arrêter de regarder derrière moi comme s'il s'agissait des meilleurs moments de ma vie. Il s'agit d'un film qui t'apprend que ça peut être bien de vieillir, et ça fait du bien.



Parlons ensuite de In Secret (2013) de Charlie Stratton qui est une adaptation cinématographique du roman d'Emile Zola : Thérèse Raquin. Bon, je ne sais pas si vous êtes tous à jour sur les romans zoliens mais celui-ci est l'un des plus sombres du gars. (Oui oui, c'est possible de faire plus sombre qu'il ne faisait déjà) 
Thérèse est une jeune femme coincée dans une union sans amour, à un mari qui n'est autre que son cousin et qui est malade... obligée de le suivre à Paris où elle se trouve encore plus emprisonnée. C'est dans son aventure avec Laurent qu'elle retrouve le goût de la vie... jusqu’à ce que... 
Elizabeth Olsen est ici une Thérèse sombre et convaincante. Elle passe de la lumière à l'ombre dans son jeu sans aucun accroc, il s'agit à mon sens d'une de ses meilleures prestation d'actrice (à ce jour). Le rôle n'est pas facile à construire, et son partenaire Oscar Isaac (que vous pouvez aussi admirer dans "Inside Llewyn Davies" des frères Cohen dans un tout autre registre : celui du loser magnifique) que je trouve tout aussi incroyable. Leurs performances sont liées et je dois avouer que je les trouve vraiment bons dans ce film. 
Le film en lui même est extrêmement sombre, que ça soit par son thème et par ses couleurs. L'allégorie de l'enfermement est un gimmick un peu poussif ici, mais ce ne sera pas si dérangeant compte tenu du jeu d'acteur. Il ne s'agit d'un film à récompenses, il n'est pas exempt de défauts mais selon moi il devrait être mieux considérer rien que pour y observer deux acteurs explorer des vicissitudes humaines avec justesse.  



  Et at last but not least Silent House (2012) par Chris Kentis et Laura Lau qui est le remake du film urugayen The Silent House de 2010 qui fut basé sur une histoire vraie des années 40'.
Peut-être que vous le savez déjà mais je suis une grande fan de films d'angoisses, ou de films d'horreur et celui-ci est un film d'angoisse dans la plus pure tradition du genre. Le scénario est simplissime mais efficace :
Sarah se retrouve piégée dans la maison de vacances familiale, alors qu'elle était en train d'y ranger de vieilles affaires avant une vente future avec son père et son oncle. Elle se retrouve poursuivie par une étrange figure noire et ses pensées semblent troublées au fur et  à mesure qu'elle cherche une issue à son calvaire.
L'histoire n'a rien de clairement différent par rapport à d'autre films du genre, ce qui est plus frappant c'est qu'il nous donne l'impression d'avoir été tourné en temps réel : en une seule et longue prise. Cependant l'équipe de production a avouée avoir tourné ce film en prise de 12 minutes (à la manière du film La Corde de Hitchcock qui avait eu pour ambition de tourner un film en un seul plan mais qui s'était retrouvé floué par la technologie de l'époque... ).
Nous avons ici affaire à un film d'ambiance, majoritairement. Le silence est le maître mot de cette production et l'on se surprend plus d'une fois à arrêter de respirer avec le personnage de Sarah, afin qu'elle ne se fasse pas attraper...
J'adore les huis clos à portée terrifique, vraiment je crois qu'il s'agit d'un de mes genres favoris. (D'ailleurs parmi mes films préférés on compte quelque huis clos comme Fenêtre sur cour, Hard Candy, Cube ou encore Panic Room...) Celui-ci entre dans mon top de film d'enfermement favoris, et j'ai hâte de voir ce que le film original peut donner !
Elizabeth est parfaite dans ce rôle, elle fait transparaître l'angoisse par des tics nerveux ou des regards, là où d'autres actrices passent maîtresse dans l'art de hurler ou de chouiner à tout bout de champs...
Bon, évidemment je ne vous dis pas qu'il s'agit d'un film d'horreur à la Conjuring qui pourra donner des sueurs froides aux amateurs du genre, non. Mais il a ravi mon cœur par son ambiance noire à souhait, cette impression de temps réel et sa caméra à l'épaule qui donne vraiment une impression d'immersion dans cet enfer.


Déroule pour avoir le fin mot...




lundi 18 mai 2015

Eleanor & Park de Rainbow Rowell.

Résumé :

1986. Lorsque Eleanor, nouvelle au lycée, trop rousse, trop ronde, s'installe à côté de lui dans le bus scolaire, Park, garçon solitaire et secret, l'ignore poliment. Pourtant, peu à peu, les deux lycéens se rapprochent, liés par leur amour des comics et des Smiths... Et qu'importe si tout le monde au lycée harcèle Eleanor et si sa vie chez elle est un véritable enfer, Park est prêt à tout pour la sortir de là.


Mon avis : 

Il faut savoir quelque chose : Fangirl, de Rainbow Rowell est, et restera longtemps encore, un de mes coups de cœurs intersidéraux. J'étais donc, assez légitimement, curieuse de découvrir un autre rom an de cet auteure ... Mon choix s'est porté sur Eleanor & Park : il était dispo sur mon lieu de travail, je pouvais donc l'emprunter, et vu tout le bien que la blogosphère et youtube en pense ça m'a paru logique. 

Eleanor & Park est une histoire d'amour sur fond de violence morale (et parfois physique) dans le cercle familial. Le synopsis n'a rien d'extraordinaire mais de ce que j'en savais l'histoire ne se voulait pas révolutionnaire non plus... bref. 
Nous alternons les points de vue des deux adolescents depuis leur rencontre et tout le long de leur histoire. Je dois reconnaître que quelques tournures de phrases m'ont vraiment emballées, et le fait qu'il s'agisse de deux personnages un peu atypiques comme ça (Eleanor est ronde et Park est coréen) m'a bien plu. 
C'est un peu mignon non ?

Seulement voilà... je ne ressors pas émerveillée de cette lecture comme la plupart des booktubeuses... je suis même plutôt déçue dans l'ensemble. Certes je ne m'attendais pas à revivre l'expérience "Fangirl" qui est si proche de ma propre existence (introverts unite) mais à vivre au moins le frisson avec eux... Mais rien. Le personnage de Park m'a bien agacée par moment à ne rien faire alors que, clairement, Eleanor vit l'enfer sur terre chez elle. C'est soit il ne se découvre un courage qu'à la fin du livre, soit il est bien benêt. Il n'est dicté que par ses hormones, et même s'il s'agit d'un trait de caractère normal chez les garçons de cet âge, ça m'a énervée, voilà tout. 
J'ai plus apprécié Eleanor, qui est un personnage avec lequel j'ai ressenti un petit lien : étant moi même ronde, ayant été même très forte à l'époque du lycée j'ai ressenti toute ses angoisses de plein fouet. Je note d'ailleurs en écrivant cela que Rainbow Rowell a cette faculté de créer des personnages féminins réalistes appréciables et des personnages masculins souvent irritants (Levi de Fangirl est certes le petit ami idéal pour toute fangirl, mais il n'en est pas moins qu'à un moment du roman j'avais aussi très envie de le faire passer par la fenêtre...). Peut-être s'agit-il seulement de mon côté féministe... 
Et je ne m'étendrais pas non plus sur la fin, mais je l'ai trouvé extrêmement déceptive. Comprenons-nous : j'apprécie une bonne fin ouverte. Mais selon moi une bonne fin ouverte donne des pistes correctes concernant tous les personnages développés au court de l'intrigue... là que dalle. Si, un mystérieux indice à la fin... mais voilà. 
J'ai terriblement envie de spoiler... 
!! Début du spoiler !!
Ok donc tout au long du roman on nous bassine avec la cruauté du beau père d'Eleanor, on prend parti pour toute sa petite famille et on espère la voir s'enfuir... reconstruire sa vie et... ouf pouf tout le monde disparaît ?! Juste comme ça ?! Non je ne suis pas d'accord les gars... 
Et le fait qu'Eleanor prend la décision de quitter Park juste parce que celui ci ne l'aimera jamais plus que quand il l'a sauvé... bon admettons. Dans ce cas il ne faut pas regretter trois pages plus tards... moi ça me perd. Je préfère encore qu'ils se quittent et hop plutôt qu'une possibilité peut-être de retour... Hmm non je ne suis pas convaincue. 
Fin du spoiler.

Bon, ne soyons pas si pessimistes j'ai tout de même réussi à lire l'histoire avec intérêt jusqu'au bout (c'est sûrement pour ça que je me sens aussi flouée...) et j'ai vraiment trouvé certains passages adorables. (Rainbow Rowell sait y faire pour faire fondre les coeurs par moment...) Ce n'était juste pas l'histoire du siècle à mes yeux. 

En bref : je conseillerai ce livre aux adolescents pour qui les émois amoureux comptent plus que tout. 
Mais je déconseillerai aux personnes désirant un happy ending, ou tout simplement une fin digne de ce nom.

Mélu.

lundi 20 avril 2015

Emma (#1 #2 #3) de Kaoru Mori.



Résumé : 

En Angleterre à l’époque victorienne, Emma est femme de chambre pour une préceptrice à la retraite. Douce, calme et réservée, la domestique cache un passé douloureux. Lorsque le riche William Jones rend visite à son ancienne gouvernante, il remarque la jeune fille et, petit à petit, des liens profonds se tissent entre eux.

Mon avis garanti sans spoilers :

J'ai longtemps entendu parler de ce manga, ainsi que de son auteur célèbre pour Bride Stories qui me fait aussi de l’œil depuis un paquet d'années maintenant, mais je n'ai jamais franchi le cap (l'histoire de ma vie). 
C'est grâce à l'une de mes collègues que j'ai pu me plonger dans les 3 premiers tomes de la série, qui en compte 5. (Evidemment je compte en intégrales étant donner que c'est le format que j'ai eu entre les mains...) Je vais évidemment demander à cette gentille personne de me prêter la suite, parce que je ne supporterais pas de laisser les personnages en plan comme ça... et puis zut je veux savoir la fin ! 

Emma c'est un peu comme Downton Abbey : on y suit les vies entremêlées de personnes de la haute société anglaise et de leurs serviteurs. Les deux protagonistes principaux viennent l'un et l'autre de ces deux milieux distincts et leur histoire va s'en trouver vraiment (mais alors vraiment) bouleversée. 
Il s'agit d'une trame qui fleure bon les romans de Jane Austen, qui nous donne envie de siroter du thé avec un châle à fleur sur les épaules. En bref c'est assez charmant. C'est une lecture que j'ai apprécié, et qui tend à se bonifier au fil des tomes (ou alors c'est simplement que je commence à vraiment m'attacher aux personnages?).  

Mais la série n'est pas parfaite : j'apprécie le ton réaliste et donc l'arrivée de personnages un peu plus ubuesques que les mangakas adorent m'a complètement perdue dans le premier tome... surtout qu'il s'agit d'une tonalité qui n'est pas du tout cohérente avec le reste de l'histoire. De plus, les événements ne me surprennent pas vraiment mais j'ai plaisir à les lire.

Cela dit, il s'agit d'un divertissement très frais et reposant (il fut le bienvenue après les 2018 pages de Newflesh...) qui conviendra aux amateurs du genre et qui pourrait bien convaincre certains réfractaires ! (oui on peut lire des mangas avec une trame "austenienne" je t'assure)

Pour conclure je conseillerai cette série (ce début de série) aux fans de Downton Abbey, pour retrouver cette ambiance particulière, et aux amateurs de manga plus matures. 

Mais je déconseillerai d'entreprendre cette lecture si l'on a envie d'être surpris, plonger dans une histoire palpitante remplie de péripétie. 

Mélu.


samedi 18 avril 2015

Red Flag de Mira Grant [#3 Newflesh]


REACTION GIF TIME'S

Moi quand j'ai eu refermé Red Flag :

Non reveneeeeez !! Me laissez pas là toute seuuuule!!

Moi devant le sadisme et le talent de Mira Grant (Seanan McGuire)




Trêve de plaisanteries: parce que même si à travers ce roman la trilogie Newflesh trouve une conclusion absolument MAGISTRALE et que j'en suis pour une de ces gueules de bois livresque de tous les diables... j'y ai trouvé quelque défauts. 
Hein quoi ? Toi: trouver des défauts à un livre "Newflesh"?! 
Et oui, comme quoi tout arrive un jour. 
Tout d'abord, si les actions des personnages ne m'étaient jamais apparues comme hasardeuses dans les tomes précédents ici je dois reconnaître que je n'ai pas vraiment compris pourquoi ils en étaient venus à prendre certaine directions... surtout une en fait, pour le coup il aurait tout aussi bien pu s'agir d'une scène coupée. Tu sais, cette scène que tu es content de découvrir après le film mais qui n'apportait rien à l'histoire ? Voilà... 
Et certaines actions m'ont parues un poil convenient mais étant donner que les personnages morflent pendant presque plus de 2000 pages une ou deux actions plus faciles ne sont pas si dérangeantes que ça.

Si je peux jeter un dernier petit bémol : la fin. J'aurais tellement aimé savoir comment tout ça s'est terminé pour TOUS les personnages, entrer dans leurs vies et savoir où je les laissais, comment ils allaient s'en tirer maintenant qu'on ne serait plus là pour lire leur histoire... mais je suppose qu'il s'agit d'un choix de l'auteur de nous laisser dans le flou, comme dans la vraie vie on ne sait jamais ce qui va arriver (mais dans leurs cas ça ne pourra jamais être pire n'est-ce pas?). 

Mise à part ces quelques petits défauts il faut que vous sachiez que cette trilogie va rester un monument de littérature Z à mes yeux : un monstre dans le genre. Le scénario, l'utilisation de la science dans la trame, les répliques, les personnages... tout ça m'a complètement transportée et je suis tellement heureuse qu'il existe encore quelques novellas sur cet univers, ainsi je ne le quitterai pas tout de suite. (Cela dit je me les réserve pour après la gueule de bois livresque, histoire de me remettre un peu tu vois?)


Juste laissez moi là encore un peu...


Et comme ce que j'aurais à dire ressemblerez sûrement au cri d'un convertis affamés de faire de nouveaux adeptes à sa cause je vais vous quitter sur ces mots de Shaun Mason (aka un des meilleurs personnages de tous les temps) :

"D'accord. Jusque-là, j'ai été raisonnable. Mais là, vous commencez sérieusement à me courir. Un journaliste, en rogne, et armé jusqu'aux dents... vous ne pourrez pas dire que je ne vous ai pas prévenus."


Mélu qui part toucher
les champignons sous l'évier

lundi 13 avril 2015

Deadline de Mira Grant [Newflesh #2]

Je vous laissais avec mon avis sur Feed il y a quelque temps, et force est de constater que j'ai encore traîné à faire ma chronique vu que j'ai dévoré son petit frère "Deadline" dans la foulée...



Je ne sais pas si vous vous en doutez mais Deadline est à nouveau une gifle monumentale... J'étais loin de me douter que Mira Grant renouvellerait l'exploit ! Ou plutôt, je n’espérais pas tant. Mais voilà : il s'agit d'un nouveau coup de cœur.
La trilogie "Newflesh" a tout pour elle, selon moi : l'action, l'humour, des personnages profonds et dotés de psychologies creusées, et surtout : la crédibilité. Pour moi, tout ce qui se déroule au sein de ces romans est d'une crédibilité infaillible ! ( après je ne suis pas experte en virologie... mais le vocabulaire scientifique utilisé dans cette série me paraît vraisemblable.) 
Je ne peux pas trop parler de l'intrigue de ce tome, étant donné qu'il s'agit de la suite directe de Feed mais je peux vous assurez que si vous avez aimé Feed vous aimerez Deadline. Tout ce qui faisait la sève de ce roman a été reconduit dans sa suite et j'ai été doublement conquise. 

Si j'ai aimé ma lecture je dois reconnaître que j'ai détesté Mira Grant (ou Seanan McGuire si vous préférez sa véritable identité) à la fin... elle possède ce don du cliffhanger qui est propre aux auteurs de fictions horrifiques. Mais quand je dis qu'elle maîtrise c'est un euphémisme... j'en suis venue à me demander comment les lecteurs de la première heure avait pu survivre à un an d'attente entre chaque tome... Graaah ! 

Cette chronique sera très courte, parce que je ne trouve aucuns défauts particulièrement gênants à cette lecture. Si ce n'est la longueur qui pourra en décourager certain... mais si vous avez déjà lu Feed les quelques 700 pages de son petit frère ne devraient pas vous effrayer outre mesure. 

Je conseille vraiment cette lecture aux lecteurs de Feed, certes le premier tome se suffirait à lui même mais ça serait tellement dommage de se priver de sa suite !! 

En revanche je la déconseillerai aux âmes sensibles et aux phobiques du cliffhanger.

Mélu.

vendredi 3 avril 2015

L'âme de l'Empereur de Brandon Sanderson.


Résumé : 

La jeune Shai a été arrêtée alors qu’elle tentait de voler le Sceptre de Lune de l’Empereur. Mais au lieu d’être exécutée, ses geôliers concluent avec elle un marché : l’Empereur, resté inconscient après une tentative d’assassinat ratée, a besoin d’une nouvelle âme. Or, Shai est une jeune Forgeuse, une étrangère qui possède la capacité magique de modifier le passé d’un objet, et donc d’altérer le présent. Le destin de l’Empire repose sur une tâche impossible : comment forger le simulacre d’une âme qui serait meilleur que l’âme elle-même ? Shai doit agir vite si elle veut échapper au complot néfaste de ceux qui l’ont capturée.




Mon avis : 

Je pense que j'attendais beaucoup trop de ce court roman. Quand je lisais des chroniques dithyrambiques dessus je me disais "wow ça a l'air incontestablement génial!" et c'est là mon erreur... 
Ne me faîtes pas dire que ce livre n'est pas bon, loin de là ! Il s'agit d'un court roman bien écrit, avec des personnages esquissés de manières convaincantes et agréables... et je pense devoir vous dire que le système magique de cet univers est tout bonnement surprenant et vraiment très très intéressant !
Non... mon problème réside dans la brièveté de l'ouvrage et ce que ça peut amener comme lot de défauts. 

En premier lieu j'ai eu du mal à me plonger in situ dans l'histoire avec si peu de descriptions. Ne me prenez pas pour une demeurée : il s'agit d'un univers foisonnant et plutôt complexe aussi j'aurai grandement appréciée un poil plus de descriptions et notamment sur la géopolitique et l'Histoire de l'Empire. Bon, je suis un poil rabat joie je le reconnais : il s'agit d'un roman qui se veut court, et qui se cherche une certaine nervosité avec la présence de ce compte à rebours menaçant, on ne peut décemment pas envisager une trame géopolitique dense en si peu de pages... 
Néanmoins je suis novice en matière d'heroic-fantasy mais mon dada principal dans le domaine il s'agit de Tolkien... et quand je dois imaginer moi même plus que l'auteur sur son univers ça me perd beaucoup. 

Je suppose qu'il s'agit d'un roman que l'on peut rattacher à sa grande saga, et cela expliquerait en partie pourquoi il y a si peu de mise en contexte... mais sur tous les sites de critiques littéraires il m'a paru clair que l'on pouvait lire ce roman indépendamment du grand cycle de Sanderson. C'est vraiment dommage que j'ai ressenti ce manque... 

Mon second soucis, et le dernier, ce fut cette esquisse des personnages. Là, en revanche, je suis vraiment frustrée. Il n'est pas dit que brièveté doit rimée avec "impression de ne pas être aller au bout de son personnage". Shai a tout d'une héroïne passionnante mais elle ne m'a pas autant touchée que je le désirais : ses motivations, son passé et mêmes les raisons évidentes de sa présence dans ce palais sont à peine effleurées... Et un personnage avec aussi peu de background, et avec des réactions qui tombent les unes après les autres sans autre logique psychologique que celle du moment présent, ne me plaît pas plus que ça. Et ce roman était sensé se centré sur l'âme d'un personnage en particulier n'est-il pas ? Mais ce personnage est pratiquement invisible... 
Je ne peux pas cacher ma frustration que je n’impute pas à la brièveté du roman mais à la volonté de l'auteur de laisser planer un certain mystère autour de ces personnages. Encore une fois, je ne trouve pas ça clairement mauvais, et ça fonctionne visiblement très bien en règle générale, mais je reste sur ma faim quand c'est mon tour de lecture qui arrive.

Pour finir je ne ressors pas foncièrement déçue, mais pas conquise non plus. Je pense que je vais tout de même tenter de me plonger dans la saga "Les Fils de Brume" avant de jeter un sort à Brandon Sanderson... 

Mais je conseillerai ce petit ouvrage aux amateurs du genre et aux fans d'heroic-fantasy, ainsi qu'au lecteurs désireux de croiser le chemin d'une héroïne de roman qui fait autre chose que de tomber amoureuse. 
Mais je déconseillerai aux frileux du genre, qui souhaitent un univers complexe et détaillé.

Mélu.

mercredi 25 mars 2015

Le Chant des Orques de Antje Babendererde.

Résumé : 

Depuis de la mort de sa mère, Sofie vit seule à Berlin avec son père, un photographe reconnu, mais qui n'a jamais été très présent. Lorsqu'il lui propose de l'accompagner un mois pour son travail aux Etats-Unis, Sofie hésite, puis accepte, consciente que c'est l'occasion de se rapprocher de lui. Ils s'installent donc à Neah Bay, dans un motel tenu par une Indienne et son fils, Yavid, un garçon beau comme un astre. Dès leur première rencontre, c'est le coup de foudre. Tandis que le père de Sofie part en reportage, la jeune fille passe son temps avec Yavid. Celui-ci lui raconte les histoires de son clan, l'emmène en zodiac voir des orques et travailler sur le canoë qu'il prépare pour les Makah, la grande fête traditionnelle annuelle. Jour après jour, grâce à Yavid, Sofie retrouve confiance en elle et le goût de vivre. Cependant, elle se dispute souvent avec son père, qui supporte mal de la voir grandir, et la fête Makah approchant, elle redoute l'inévitable retour à Berlin... 




Mon avis : 

Encore un livre emprunté sur mon lieu de travail. Il paraît qu'il n'est plus édité, et j'ai un peu la flemme de vérifier je dois le reconnaître !
Je ne peux pas dire que j'ai passé un mauvais moment de lecture... mais je ne peux pas vous dire que j'ai adoré non plus. Il s'agit d'un ouvrage à destination de la jeunesse assez dépaysant et plutôt réaliste. Je dis bien "plutôt" parce que certaine situation me semble bien exagérées... mais n'oublions pas que nous sommes dans une fiction et une fiction n'a pas forcément vocation à nous montrer la réalité ! 
Le personnage de Sofie m'a totalement bouleversée au début du roman, rongée par le décès de sa maman qui était la personne la plus importante de sa vie elle vivote comme elle peut entre un collège où l'on ne la considère pas et un père qu'elle croise à peine... il s'agissait d'une adolescente touchante et intelligente. Mais je reconnais que son évolution m'a laissée de marbre, c'était logique mais sans saveurs. 
En revanche j'ai adoré qu'on nous dépeigne la culture amérindienne à travers les yeux d'une touriste, d'une étrangère. C'est dans cette position qu'on est le plus à même de comprendre quelque chose qu'on ne connaît absolument pas ou tellement peu que ça revient au même... (en tout cas pour moi cette position d'initiée était très salvatrice!) J'ai vraiment trouvé le côté "apprenons en plus" sur cette culture très appréciable. Même si elle se retrouve bien vite mise de côté au profit de l'histoire sentimentale... c'est tellement dommage ! 
Pour finir cette chronique : c'était pas mal, mais pas inoubliable. 

Je conseillerai ce livre aux adolescentes adorant les histoires d'amour de leur âge et désireuse d'en apprendre un peu sur la culture amérindienne. 
Je déconseillerai cette lecture aux amateurs de livres vraiment dépaysants de bout en bout.

Mélu.

mardi 24 mars 2015

Je suis un dragon de Martin Page.

Résumé : 


Margot est une jeune orpheline timide et solitaire. Un jour, elle découvre sa véritable nature : elle est douée de capacités extraordinaires. Ces pouvoirs la terrifient, elle les dissimule jusqu'à ce qu'un événement tragique la contraigne à se dévoiler. On lui demande alors de mettre ses dons au service de l'humanité. Sa vie se partage désormais entre son quotidien de jeune fille espiègle et des missions d'une grande violence. Adulée et crainte, elle devient une icône. Mais peut-on sauver le monde si l'on s'y sent étranger ? 

Mon avis : 

J'ai lu ce livre au début du mois de Mars et de façon extrêmement rapide. Il faut dire que la mise en page est trrrrès aérée et que le style de l'auteur pour le moins concis. 
Cependant, même si ma rapidité de lecture est surtout due au fait que je ne pouvais pas faire autrement, je ne dirais pas que ce livre ne m'a pas plu ou que je ne m'en souviendrais pas. J'ai beaucoup aimé cette lecture, et je pense que les thèmes que cette fiction aborde ne me quitterons pas avant un bon moment... voir peut être jamais. 
Je suis une fervente militante pour l'acceptation de tout ce qu'on appelle "les différences" (et elles sont tellement plus variées que vous ne le pensez sûrement...), donc ce livre m'a particulièrement parlé. Ce livre traite principalement du sujet de la différence et de l'acceptation de cette différence en tant que telle : l'être humain est-il en mesure d'accepter sans s'interroger, sans rechigner et de façon inconditionnelle la différence d'un autre être humain ? On connaît tous la réponse... mais ce livre va bien plus loin puisqu'il nous expose la différence comme l'humanité (au sens seule la différence est digne d'être appelée "humanité) et la norme comme la monstruosité. 
Les points de vue étant inversés on est plus à même de comprendre le personnage de Margot, pliée aux règles des êtres humains mortels parce qu'elle est seule... alors qu'elle est toute puissante. On y croise le désir ardent d'une adolescente d'être acceptée par le monde, parce que c'est l'âge de l'identification au groupe et on y retrouve la volonté de comprendre les rouages de la société. 

Comme vous pouvez le constater cette lecture fait beaucoup réfléchir, et je trouve très malin de la part de l'auteur de nous avoir pondu ce roman en utilisant la sphère marginale, mais qui tend à se démocratiser, merci le MCU Avengers, des super-héros : la lecture en devient ludique. Enfin "ludique" restons dans la sobriété, ici tout n'est pas de couleurs flashy avec des jingles non mais tout de même, on se surprend à imaginer une vie réelle pleine d'extraordinaire. 

Bref, je ne peux que conseiller ce livre à ceux qui ont envie de lire sur la différence, qui apprécient la littérature condensée et qui aiment philosopher à l'aide de la pop culture. 

Mais je déconseillerai aux allergiques des textes aérés, courts et condensés. 

mardi 17 mars 2015

Feed [ #1 Newflesh Trilogy ] de Mira Grant.




ALERTE BOOK HANGOVER ! 

Il va m'être difficile de vous parler de ce livre, vraiment. Pour tout vous dire je voulais attendre un peu avant de le faire... j'ai d'autre livres que je voulais/devais chroniqués en priorité et... et non, ça sera Feed. C'est avec ce qui me reste de volonté que j'écris cette chronique.



2034. Il y a vingt ans, l'humanité a vaincu le cancer. Le rhume n’est plus qu’un mauvais souvenir. Mais elle a créé une chose terrible que personne n’a été capable d’arrêter. Une infection virale. Qui s’est propagée à une vitesse redoutable, le virus prenant le contrôle des cerveaux, avec une seule obsession : se nourrir.
Issus de cette génération sacrifiée, Georgia et Shaun Mason sont les maîtres de la blogosphère, devenue le seul média indépendant proclamant la vérité sur ce qui se passe derrière les barricades. Shaun, la tête brûlée, et Georgia, l’âme du duo, enquêtent sur l’affaire la plus importante de leur carrière : la sinistre conspiration qui se cache derrière les infectés. Et ils sont bien décidés à faire éclater la vérité,


J'ai voulu lire ce livre dès que j'ai découvert son existence, c'est à dire au moment de sa traduction en VF il y a 3 ans. Si vous voulez la raison bête et méchante du "pourquoi je ne l'ai pas lu à ce moment là" : il coûtait tout simplement beaucoup trop cher pour ma micro bourse. 
J'ai profité de la générosité d'un tiers, et du fait que la trilogie soit rééditée en poche pour me le procurer (enfin!) et le lire (ou l'engloutir?) dans les deux jours qui ont suivis. 
Feed c'est une bonne brique de presque 700 pages, qui semblait traiter de l'apocalypse zombie d'une toute autre manière. Ça m'attirait tellement... 
La première particularité que j'ai noté dans cet ouvrage : c'est qu'il n'y a pas eu d'apocalypse. Tout au plus un gros foutoir, une organisation de survivants mais pas de fin du monde. Une fois que tous les survivants furent passés à autre chose le monde continua sa course comme si de rien n'était, avec des zombies dans le décor en plus. L'originalité de ce propos m'a juste sciée. Je n'avais jamais vu ça auparavant et j'ai trouvé ça génial. (Vous pouvez me croire quand je vous dis que je n'utilise jamais le mot génial) 

Le fait que l'auteur soit une femme m'a vraiment plu aussi : heeeey ouii les fâmes peuvent aussi écrire des livres de zombies qui ne soient pas des romances ! (j'ai jamais compris le délire de la romance humano-zombie d'ailleurs...) 

Ce roman est tout sauf un livre "facile". Oui l'histoire se lit facilement, ce n'est pas ce propos là que je soutiens, mais plutôt dans le scénario. Rien dans les ficelles de l'intrigue n'est trop gros, invraisemblable et tout est maîtrisé de bout en bout. Je n'ai jamais, à aucun moment, pensé "oh non là l'auteur part en vrille, elle a écrit trop de pages pour rien..." alors qu'il s'agit d'un pavé. Mira Grant déploie son intrigue avec finesse, tout en délicatesse pour arriver à atteindre un paroxysme de suspense dans le dernier quart de l'ouvrage. 

Certains diront que le fait que les rebondissements arrivent trop tard, qu'on n'a pas pu les sauver de l'ennui avant. Je pense que je pourrai comprendre ces personnes: c'est vrai que les trois quart de l'ouvrage sont moins sur une action trépidante que sur du développement d'univers, de personnage et d'intrigue. On sent qu'il y a tellement de choses qui grondent sous les pieds de nos héros qui cherchent à savoir la vérité... on sent qu'ils vont tomber dans quelque chose d'énorme et... et voilà. 

Si j'avais un petit reproche à faire à l'intrigue ce serait peut être que la fin m'a semblée convenient (comme ils disent en anglais) : que tout s'empilait plus facilement sur la fin que tout ne s'était empilé jusqu'alors. Mais vraiment à mes yeux ce n'est pas le plus important : je retiens surtout la force de caractère des personnages, leurs relations absolument incroyables (d'une crédibilité démesurée) et l'attachement profond qui m'a retenu aux deux protagonistes principaux pendant tout le livre. 

Georgia (notre narratrice) et Shaun son frère partagent une profonde connexion, qu'on pourrait presque qualifiée d'incestueuse dans le sens où ils ne voient personne d'autre que l'autre face à eux. Ils seraient prêt à mourir ensemble pour ne pas vivre l'un sans l'autre. J'ai trouvé cette relation bouleversante et encore maintenant j'ai des bouffées d'émotions vives en y repensant.
Les autres personnages bénéficient tous d'un traitement intéressant et j'avoue avoir un petit faible pour certain. Les dialogues sont jouissifs et plus d'une fois je me suis dit que ça sonnerait incroyablement bien dans un film ou une série télé. 

Bref, pour finir je conseillerais ce livre aux mordus du genre "zombie" qui sont un peu lassés des traitements ordinaires qu'on en fait, mais aussi aux (bons) lecteurs qui apprécient les univers fouillées, crédibles et les dialogues au vitriol. 

Cependant je déconseillerai aux amateurs de frissons gores, pas de scènes "yummy" à vous mettre sous l’œil, aux allergiques des pavés (je le redis la bête fait presque 700 pages...) et aux allergiques des descriptions. 


Moi je me retiens de lire la suite pour m'en garder un peu pour plus tard... 

Mélu.

jeudi 22 janvier 2015

Téméraire [#1 Les Dragons de sa Majesté] de Naomi Novik

Résumé : 


Alors que les guerres napoléoniennes font rage, le jeune capitaine Will Laurence fait une découverte qui va changer le cours de sa vie.
Son vaisseau vient en effet de capturer une frégate française et sa cargaison : un oeuf de dragon très rare. Les dragons sont utilisés dans les combats aériens par la plupart des nations. Mais celui que va découvrir Will n'est pas tout à fait comme les autres... Ainsi commence l'histoire d'une amitié indéfectible entre le fabuleux dragon Téméraire et son jeune pilote. Ensemble, ils vont devoir apprendre les tactiques périlleuses de la guerre aérienne.

Car la France, dirigée par un Bonaparte plus audacieux que jamais, rassemble ses propres créatures pour transporter ses troupes sur le sol britannique. Laurence et Téméraire se préparent à subir leur baptême du feu !



Mon avis : 

Je ne sais vraiment pas ce qui m'a poussé à regarder ce livre en librairie. Ce tome était au dessus d'une pile mal rangée, la police du titre de la saga me piquait les yeux et l'illustration est sympa mais elle ne m'a pas non plus transcendée... Mais voilà, je sais pas, j'avais besoin de quelque chose de différent donc j'ai pris le bouquin et j'ai lu le résumé. Et à ce moment là je n'ai pas eu de gros gros déclics, je me suis juste dit que ça me faisait penser aux Larmes du Cardinal de Pierre Pevel : une société dans laquelle les dragons évoluent à la vue de tous ... Je n'étais pas totalement vendue, mais encore une fois : j'avais vraiment besoin de lire quelque chose de différent de ce que je lis d'ordinaire donc j'ai acheté ce premier tome. 

Et laissez moi vous dire que j'ai bien fait bon sang.

Je ne peux pas vous dire que j'ai été happée par l'histoire tout de suite, j'ai mis une petite cinquantaine de pages à être véritablement plonger dans cet univers... je trouvais l'écriture laborieuse et un peu trop factuelle, mais il ne s'agissait que des défauts d'un incipit de série. Après coups je me dis que Naomi  Novik voulait simplement mettre en scène ses protagonistes principaux le plus simplement possible. Ça ne me gêne plus autant vu que l'histoire, par la suite, se déroule avec un naturel très agréable. 
J'ai adoré la peinture de ce monde napoléonien. Je me suis spécialisée dans le XIXe siècle à la fac, et je trouvais agréable cette réécriture de l'Histoire qui peignait avec véracité les mœurs de l'époque.
 Le personnage principal, Lawrence est une véritable oie blanche, candide au possible malgré son statut de marin, et je trouve ça très bien vu: j'avais l'impression de me retrouver face à un Julien Sorel revisité. (Un Julien Sorel moins naïf tout de même...) Son côté "je découvre la vie" m'a fait vraiment rire, je ne sais pas si c'était le but mais j'ai adoré. Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai roulé des yeux et je vous promets que ce n'était pas une mauvaise chose ! Je n'étais jamais exaspérée, juste véritablement moqueuse dans un sens bienveillant. (oui je peux me moquer de façon bienveillante... je sais...)
Parlons de la façon dont Naomi Novik traite l'univers des dragons: j'en ai été enchantée du début à la fin. Vraiment. Les dragons sont attachants, drôles, grisants. Ils sont tout ce que je pense qu'un dragon doit être : tous différents et tous inoubliables à leurs façons. On y croise des dragons intelligents, des dragons drôles, des dragons idiots, des dragons touchants (j'ai du pleurer quelque fois à cause d'un dragon en particulier, et si tu as lu ce livre : tmtc bro')... je suis vraiment charmée. Les relations pilotes/dragons sont vraiment mon petit coup de coeur. J'adore ce genre de relation exclusives. 
Je n'ose pas trop m'étendre sur l'histoire en elle même, en effet je pense que certains pourront la trouver très factuelle, un peu trop facile, et je comprendrais vraiment ce reproche. Cependant j'ai été prise au piège, et la peinture des batailles aériennes m'a complètement subjuguée. Moi qui avait vraiment besoin de m'évader j'ai été servie. 
Le duo de protagonistes principaux m'a convaincu, ils m'ont fait trembler et rire c'était suffisant pour moi. Certains personnages secondaires m'ont carrément tapés dans l'oeil et les dragons sont transcendants à mon sens. 
En bref, j'ai adoré ce livre mais je pense que vous l'aviez déjà compris. Je suis d'ors et déjà en train de dévorer le deuxième tome... et je peux déjà vous dire qu'il prend la même voie que son prédécesseur ! 

Pour finir, je conseillerais ce livre aux inconditionnels des dragons et aux amoureux de batailles épiques. Aux amateurs de longues séries aussi... je crois que celle-ci compte huit tomes déjà.

Mais je ne conseillerais pas vraiment aux lecteurs qui s'attendent à être surpris par une histoire et qui n'apprécient pas vraiment la peinture stricte des moeurs pas très très fun du XIXe siècle.


Mélu.

jeudi 8 janvier 2015

Les Stagiaires de Samantha Bailly.

Bon déjà je tiens à dire que je suis sous le charme des deux couvertures de ce livre ! Celle du grand format, et celle du poche ! (qui est aussi celle de l'epub)

C'est vrai quoi, si on oubli le bandeau rouge là ce sont deux couvertures
 vraiment sympa je trouve ! 
L'une des deux étant tout de même illustrée par Boulet ! 

Résumé :

Ophélie, Arthur, Hugues et Alix viennent tous d'horizons différents. Leur seul point commun : ils rêvent de travailler chez Pyxis, entreprise spécialisée dans l'édition de mangas et de jeux vidéo, pilier dans le secteur de l'industrie créative. Une réalité s'impose rapidement : beaucoup de candidats, peu d'élus. Désormais, le stage est devenu une étape obligatoire pour ces jeunes qui sont à la croisée des chemins dans leurs vies professionnelles et affectives. Provinciale tout juste débarquée, Ophélie a laissé derrière elle petit ami et logement, et doit faire face aux difficultés de la vie parisienne. Etudiant en école de commerce, Arthur est tiraillé entre les grands projets qu'on a pour lui et son envie de mettre la finance entre parenthèses. à leurs côtés, Alix, passionnée de mangas, ne jure que par ses sagas favorites, et Hugues, graphiste, teste ses limites dans les soirées électro... Dans une atmosphère conviviale, travail et vie privée s'entremêlent. Pourtant, une question demeure en fond sonore : qui restera ?

Mon avis : 
Je voulais lire ce livre depuis sa sortie en grand format chez Milady... le fait est que je suis les travaux de Samantha Bailly depuis un long moment ! (nous étions sur le même forum il y a quelques années...avant même sa première publication chez Milles Saisons c'est dire si ça remonte!) 
Mais je n'avais pas trouver l'argent pour acheter le livre, j'avais d'autres priorités à l'époque... bref une chose en entraînant une autre je n'ai pas lu ce livre. Mais j'avais toujours l'envie, et la couverture m’alléchait tellement ! (Boulet je t'aime!)
Il y a quelques semaines Bragelonne a lancé sa méga-super-géniale opération 1000k qui permettait de gagner un livre numérique gratuit par jour... et je vous le laisse en mille : on pouvait gagner un exemplaire des Stagiaires ! 
L'ayant reçu le lendemain je ne l'ai pourtant lu qu'hier dans la journée. J'avais besoin d'une lecture fraîche pour tenter de mettre de côté les événements tragiques survenus chez Charlie Hebdo..  Il faut savoir que c'est rarissime de me voir lire un livre entier en une journée. Je suis une lectrice très lente d'ordinaire... 
Le premier point positif que je trouve à ce livre c'est donc son addictivité. Il nous plonge sans temps morts dans la vie de ces stagiaires et les rebondissements sont présents à chaque chapitres. C'est sûrement ce qui m'a permit de terminer ma lecture. Ça et l'histoire sympathique, évidemment. 
Je dis "sympathique" parce que je ne l'ai pas non plus trouver sensationnelle. On y parle de la vie quotidienne, peut être un peu trop quotidienne et un peu trop parisienne à mon goût. J'ai évidemment pu retrouver des tranches de vies que j'ai pu moi même expérimenté : le stage, les soirées tumultueuses, les rumeurs, les amours ... mais j'ai trouvé le reste extrêmement anxiogène. Oui bien sur la vie est faîte de la peur du lendemain, la peur de ne pas parvenir à boucler ses fins de mois, la peur de l'avenir, du chômage etc... et j'ai constamment peur de ces choses là, genre vraiment. Donc de les retrouver en permanence dans ce livre j'ai été parfois aux bords de la mini crise de nerfs. Evidemment ça n'engage que moi, et ça ne m'a pas du tout empêcher de finir le livre, ni même d'avoir envie de savoir comment les personnages allaient s'en sortir ! 
Si on oublie le fait que le personnage d'Ophélie me sortait des trous de nez... ça allait. Je me dis qu'on ne peut pas tout le temps apprécier un personnage principal hein! En ce qui conce
rne Arthur je suis déjà beaucoup plus satisfaite : il est appréciable de vouloir claquer ce gosse de riche et parfois on a juste envie de lui faire un gros câlin... Bref j'ai apprécié les failles, les défauts et les petites qualités d'Arthur.
Le gros gros point fort de ce livre est sans conteste la façon dont l'auteure a su à merveille retranscrire la complexité des relations humaines. Je ne peux vraiment pas lui retirer ça : si parfois ça pêche pour moi dans la création de certains personnages les relations entre eux sont vraiment incroyables ! On croirait se retrouver plonger dans une vraie bande de potes. Je trouve ça très impressionnants. 

Je n'ai pas grand chose à ajouter... à part que si je ne ressors pas transcendée de ma lecture je ne suis pas mécontente de l'avoir lu, et j'ai même envie de découvrir la suite ! :) 


Ce que j'ai aimé : la complexité des relations entre les personnages, s'en est presque palpable ! Et le traitement du personnage d'Arthur. 

Ce que j'ai moins aimé : la plongée un peu trop anxiogène dans notre réalité... Le personnage d'Ophélie. 

Je conseillerai ce livre : aux amateurs de livres réalistes, à ma génération (un peu geek et hipster sur les bords!).
Je déconseillerai ce livre : à ceux qui, comme moi, flippe déjà beaucoup pour leur avenir... ça peut en rajouter une couche. 




Mélu.

lundi 22 décembre 2014

Half Bad, tome 1 : Traque blanche de Sally Green

Oui c'est la couverture anglaise.


Synopsis :

Dans l’Angleterre d’aujourd’hui, deux clans de sorciers vivent en secret au côté des humains : les adeptes de la magie blanche et les sorciers noirs. Mais la naissance de Nathan vient bousculer l’équilibre des forces car il est à la fois un sorcier blanc et un sorcier noir. Son père est un des plus puissants et cruels sorciers du monde. Sa mère, adepte de la magie blanche, est morte. A 16 ans, Nathan va recevoir ses pouvoirs comme tous les sorciers. Mais il n’est pas comme tous les sorciers… Son clan va décider de l’enfermer : Nathan est piégé dans une cage, battu et menotté. Les frontières entre le bien et le mal n’ont jamais été aussi floues et menacées.





Nathan 



Mon avis :
Half Bad c'est Emma qui me la conseiller ( il est TROP BIEN ce livre tu DOIS le lire ! Par ce que COMMENT je fais pour t'en parler sans spoil si tu le lis pas) elle était même prête a me l'offrir et puis il avait l'air bien sympa comme livre même si la couverture française est moche mais mooooooche.

Pour commencer, gros point positif Half Bad a un héros et dans la littérature jeunesse c'est assez rare pour être mentionné. Nathan est donc un mi code il a les fesses entre deux chaises ce qui fait de lui un sorcier moitié noir/moitié blanc et comme vous vous en doutez les deux clans le rejette. 
J'ai compris la majorité des ces réactions, elle sont logiques, Sally Green ne s'est pas contenter de « c'est un garçon c'est pour ça qu'il est violent par moment » non, Nathan a un passé lourd à porter et c'est à cause de ça qu'il est rempli de colère (il devrait se mettre au coloriage zen lui qui aime dessiner). Les personnages secondaire sont eux aussi bien penser, Clay n'aime pas Nathan (enfin il aime pas grand monde visiblement) et c'est normal, Gabriel est plutôt mystérieux et j'ai hâte d'en savoir plus sur lui.




Minuits.
Éditions Milan.
16,90€



vendredi 12 décembre 2014

L'Epouvanteur, #1 L'Apprenti Epouvanteur de Joseph Delaney.

Salut salut bonnes gens ! 
Nous sommes pleines de bonnes intentions et ce blog repart comme en quarante ! 

Aujourd'hui on se retrouve avec une chronique de l’Épouvanteur, le tome 1, de Joseph Delaney. (sérieux moi je trouve ce nom d'auteur il claque un peu!)

SPOOKER !
 (y'a rien à faire c'est toujours mieux en anglais...)


Résumé :

Thomas Ward, le septième fils d'un septième fils, devient l'apprenti de l’Épouvanteur du comté. Son maître est très exigeant. Thomas doit apprendre à tenir les spectres à distance, à entraver les gobelins, à empêcher les sorcières de nuire... 


Mon avis : 

J'aurai vraiment voulu faire un résumé plus long, mais comprenez qu'il ne faut pas trop en savoir sur l'histoire pour apprécier les rebondissements de ce premier tome. Bien que ces rebondissements soient assez convenus et plutôt lisses au final (on n'oublie pas qu'on reste dans de la littérature jeunesse n'est-ce pas, et une de celle qui a déjà quelques années derrière elle hein!) on se laisse plutôt prendre au jeu. 
Par moment je me suis dit que des petits lecteurs, ou des lecteurs froussards peuvent se faire peur en lisant ce premier tome. Personnellement il en faut pour me faire peur, je veux dire : vraiment peur (sinon tu sais les jump scare ça fonctionne qu'au cinéma quoi...) donc je n'en ressort pas tremblante et chevrotante, non plutôt amusée. Ce n'est pas le coup de cœur du siècle, ce n'est pas une déception non plus, c'est un livre que j'ai su apprécié à sa juste valeur : un divertissement axé jeunesse plutôt agréable, et qui se lit très très vite de ce fait. 


Ce que j'ai aimé : - Les efforts de l'auteur pour poser un univers sombre et glauque dans le monde de la littérature jeunesse. Quand on pense qu'au moment de sa sortie la littérature jeunesse était encore assez aseptisée c'est vraiment pas mal ! 
-Le personnage de l'épouvanteur (non mais j'ai un faible pour les personnages de mentor, laissez-moi dans mon délire...)

Ce que j'ai moins aimé : -Le fait que l'univers géographique ne soit pas plus détaillé, plus approfondi. Je sais qu'on est dans de la jeunesse, mais ça aurait mérité un peu plus... espérons que ce soit régler dans les autres tomes ! 
-Les réactions des personnages, et les personnages en eux-mêmes (à part Alice et l'Epouvanteur) qui ont des réactions très convenues, voir à la limite de l'archétype. 

Je conseillerai : ce roman plutôt aux jeunes lecteurs amateurs de frissons.

Je m'abstiendrais si : j'étais un gros fan de fantasy horrifique... et si vous êtes une grosse flipette aussi, on sait jamais des fois que...


Melu.