lundi 20 avril 2015

Emma (#1 #2 #3) de Kaoru Mori.



Résumé : 

En Angleterre à l’époque victorienne, Emma est femme de chambre pour une préceptrice à la retraite. Douce, calme et réservée, la domestique cache un passé douloureux. Lorsque le riche William Jones rend visite à son ancienne gouvernante, il remarque la jeune fille et, petit à petit, des liens profonds se tissent entre eux.

Mon avis garanti sans spoilers :

J'ai longtemps entendu parler de ce manga, ainsi que de son auteur célèbre pour Bride Stories qui me fait aussi de l’œil depuis un paquet d'années maintenant, mais je n'ai jamais franchi le cap (l'histoire de ma vie). 
C'est grâce à l'une de mes collègues que j'ai pu me plonger dans les 3 premiers tomes de la série, qui en compte 5. (Evidemment je compte en intégrales étant donner que c'est le format que j'ai eu entre les mains...) Je vais évidemment demander à cette gentille personne de me prêter la suite, parce que je ne supporterais pas de laisser les personnages en plan comme ça... et puis zut je veux savoir la fin ! 

Emma c'est un peu comme Downton Abbey : on y suit les vies entremêlées de personnes de la haute société anglaise et de leurs serviteurs. Les deux protagonistes principaux viennent l'un et l'autre de ces deux milieux distincts et leur histoire va s'en trouver vraiment (mais alors vraiment) bouleversée. 
Il s'agit d'une trame qui fleure bon les romans de Jane Austen, qui nous donne envie de siroter du thé avec un châle à fleur sur les épaules. En bref c'est assez charmant. C'est une lecture que j'ai apprécié, et qui tend à se bonifier au fil des tomes (ou alors c'est simplement que je commence à vraiment m'attacher aux personnages?).  

Mais la série n'est pas parfaite : j'apprécie le ton réaliste et donc l'arrivée de personnages un peu plus ubuesques que les mangakas adorent m'a complètement perdue dans le premier tome... surtout qu'il s'agit d'une tonalité qui n'est pas du tout cohérente avec le reste de l'histoire. De plus, les événements ne me surprennent pas vraiment mais j'ai plaisir à les lire.

Cela dit, il s'agit d'un divertissement très frais et reposant (il fut le bienvenue après les 2018 pages de Newflesh...) qui conviendra aux amateurs du genre et qui pourrait bien convaincre certains réfractaires ! (oui on peut lire des mangas avec une trame "austenienne" je t'assure)

Pour conclure je conseillerai cette série (ce début de série) aux fans de Downton Abbey, pour retrouver cette ambiance particulière, et aux amateurs de manga plus matures. 

Mais je déconseillerai d'entreprendre cette lecture si l'on a envie d'être surpris, plonger dans une histoire palpitante remplie de péripétie. 

Mélu.


samedi 18 avril 2015

Red Flag de Mira Grant [#3 Newflesh]


REACTION GIF TIME'S

Moi quand j'ai eu refermé Red Flag :

Non reveneeeeez !! Me laissez pas là toute seuuuule!!

Moi devant le sadisme et le talent de Mira Grant (Seanan McGuire)




Trêve de plaisanteries: parce que même si à travers ce roman la trilogie Newflesh trouve une conclusion absolument MAGISTRALE et que j'en suis pour une de ces gueules de bois livresque de tous les diables... j'y ai trouvé quelque défauts. 
Hein quoi ? Toi: trouver des défauts à un livre "Newflesh"?! 
Et oui, comme quoi tout arrive un jour. 
Tout d'abord, si les actions des personnages ne m'étaient jamais apparues comme hasardeuses dans les tomes précédents ici je dois reconnaître que je n'ai pas vraiment compris pourquoi ils en étaient venus à prendre certaine directions... surtout une en fait, pour le coup il aurait tout aussi bien pu s'agir d'une scène coupée. Tu sais, cette scène que tu es content de découvrir après le film mais qui n'apportait rien à l'histoire ? Voilà... 
Et certaines actions m'ont parues un poil convenient mais étant donner que les personnages morflent pendant presque plus de 2000 pages une ou deux actions plus faciles ne sont pas si dérangeantes que ça.

Si je peux jeter un dernier petit bémol : la fin. J'aurais tellement aimé savoir comment tout ça s'est terminé pour TOUS les personnages, entrer dans leurs vies et savoir où je les laissais, comment ils allaient s'en tirer maintenant qu'on ne serait plus là pour lire leur histoire... mais je suppose qu'il s'agit d'un choix de l'auteur de nous laisser dans le flou, comme dans la vraie vie on ne sait jamais ce qui va arriver (mais dans leurs cas ça ne pourra jamais être pire n'est-ce pas?). 

Mise à part ces quelques petits défauts il faut que vous sachiez que cette trilogie va rester un monument de littérature Z à mes yeux : un monstre dans le genre. Le scénario, l'utilisation de la science dans la trame, les répliques, les personnages... tout ça m'a complètement transportée et je suis tellement heureuse qu'il existe encore quelques novellas sur cet univers, ainsi je ne le quitterai pas tout de suite. (Cela dit je me les réserve pour après la gueule de bois livresque, histoire de me remettre un peu tu vois?)


Juste laissez moi là encore un peu...


Et comme ce que j'aurais à dire ressemblerez sûrement au cri d'un convertis affamés de faire de nouveaux adeptes à sa cause je vais vous quitter sur ces mots de Shaun Mason (aka un des meilleurs personnages de tous les temps) :

"D'accord. Jusque-là, j'ai été raisonnable. Mais là, vous commencez sérieusement à me courir. Un journaliste, en rogne, et armé jusqu'aux dents... vous ne pourrez pas dire que je ne vous ai pas prévenus."


Mélu qui part toucher
les champignons sous l'évier

lundi 13 avril 2015

Deadline de Mira Grant [Newflesh #2]

Je vous laissais avec mon avis sur Feed il y a quelque temps, et force est de constater que j'ai encore traîné à faire ma chronique vu que j'ai dévoré son petit frère "Deadline" dans la foulée...



Je ne sais pas si vous vous en doutez mais Deadline est à nouveau une gifle monumentale... J'étais loin de me douter que Mira Grant renouvellerait l'exploit ! Ou plutôt, je n’espérais pas tant. Mais voilà : il s'agit d'un nouveau coup de cœur.
La trilogie "Newflesh" a tout pour elle, selon moi : l'action, l'humour, des personnages profonds et dotés de psychologies creusées, et surtout : la crédibilité. Pour moi, tout ce qui se déroule au sein de ces romans est d'une crédibilité infaillible ! ( après je ne suis pas experte en virologie... mais le vocabulaire scientifique utilisé dans cette série me paraît vraisemblable.) 
Je ne peux pas trop parler de l'intrigue de ce tome, étant donné qu'il s'agit de la suite directe de Feed mais je peux vous assurez que si vous avez aimé Feed vous aimerez Deadline. Tout ce qui faisait la sève de ce roman a été reconduit dans sa suite et j'ai été doublement conquise. 

Si j'ai aimé ma lecture je dois reconnaître que j'ai détesté Mira Grant (ou Seanan McGuire si vous préférez sa véritable identité) à la fin... elle possède ce don du cliffhanger qui est propre aux auteurs de fictions horrifiques. Mais quand je dis qu'elle maîtrise c'est un euphémisme... j'en suis venue à me demander comment les lecteurs de la première heure avait pu survivre à un an d'attente entre chaque tome... Graaah ! 

Cette chronique sera très courte, parce que je ne trouve aucuns défauts particulièrement gênants à cette lecture. Si ce n'est la longueur qui pourra en décourager certain... mais si vous avez déjà lu Feed les quelques 700 pages de son petit frère ne devraient pas vous effrayer outre mesure. 

Je conseille vraiment cette lecture aux lecteurs de Feed, certes le premier tome se suffirait à lui même mais ça serait tellement dommage de se priver de sa suite !! 

En revanche je la déconseillerai aux âmes sensibles et aux phobiques du cliffhanger.

Mélu.

vendredi 3 avril 2015

L'âme de l'Empereur de Brandon Sanderson.


Résumé : 

La jeune Shai a été arrêtée alors qu’elle tentait de voler le Sceptre de Lune de l’Empereur. Mais au lieu d’être exécutée, ses geôliers concluent avec elle un marché : l’Empereur, resté inconscient après une tentative d’assassinat ratée, a besoin d’une nouvelle âme. Or, Shai est une jeune Forgeuse, une étrangère qui possède la capacité magique de modifier le passé d’un objet, et donc d’altérer le présent. Le destin de l’Empire repose sur une tâche impossible : comment forger le simulacre d’une âme qui serait meilleur que l’âme elle-même ? Shai doit agir vite si elle veut échapper au complot néfaste de ceux qui l’ont capturée.




Mon avis : 

Je pense que j'attendais beaucoup trop de ce court roman. Quand je lisais des chroniques dithyrambiques dessus je me disais "wow ça a l'air incontestablement génial!" et c'est là mon erreur... 
Ne me faîtes pas dire que ce livre n'est pas bon, loin de là ! Il s'agit d'un court roman bien écrit, avec des personnages esquissés de manières convaincantes et agréables... et je pense devoir vous dire que le système magique de cet univers est tout bonnement surprenant et vraiment très très intéressant !
Non... mon problème réside dans la brièveté de l'ouvrage et ce que ça peut amener comme lot de défauts. 

En premier lieu j'ai eu du mal à me plonger in situ dans l'histoire avec si peu de descriptions. Ne me prenez pas pour une demeurée : il s'agit d'un univers foisonnant et plutôt complexe aussi j'aurai grandement appréciée un poil plus de descriptions et notamment sur la géopolitique et l'Histoire de l'Empire. Bon, je suis un poil rabat joie je le reconnais : il s'agit d'un roman qui se veut court, et qui se cherche une certaine nervosité avec la présence de ce compte à rebours menaçant, on ne peut décemment pas envisager une trame géopolitique dense en si peu de pages... 
Néanmoins je suis novice en matière d'heroic-fantasy mais mon dada principal dans le domaine il s'agit de Tolkien... et quand je dois imaginer moi même plus que l'auteur sur son univers ça me perd beaucoup. 

Je suppose qu'il s'agit d'un roman que l'on peut rattacher à sa grande saga, et cela expliquerait en partie pourquoi il y a si peu de mise en contexte... mais sur tous les sites de critiques littéraires il m'a paru clair que l'on pouvait lire ce roman indépendamment du grand cycle de Sanderson. C'est vraiment dommage que j'ai ressenti ce manque... 

Mon second soucis, et le dernier, ce fut cette esquisse des personnages. Là, en revanche, je suis vraiment frustrée. Il n'est pas dit que brièveté doit rimée avec "impression de ne pas être aller au bout de son personnage". Shai a tout d'une héroïne passionnante mais elle ne m'a pas autant touchée que je le désirais : ses motivations, son passé et mêmes les raisons évidentes de sa présence dans ce palais sont à peine effleurées... Et un personnage avec aussi peu de background, et avec des réactions qui tombent les unes après les autres sans autre logique psychologique que celle du moment présent, ne me plaît pas plus que ça. Et ce roman était sensé se centré sur l'âme d'un personnage en particulier n'est-il pas ? Mais ce personnage est pratiquement invisible... 
Je ne peux pas cacher ma frustration que je n’impute pas à la brièveté du roman mais à la volonté de l'auteur de laisser planer un certain mystère autour de ces personnages. Encore une fois, je ne trouve pas ça clairement mauvais, et ça fonctionne visiblement très bien en règle générale, mais je reste sur ma faim quand c'est mon tour de lecture qui arrive.

Pour finir je ne ressors pas foncièrement déçue, mais pas conquise non plus. Je pense que je vais tout de même tenter de me plonger dans la saga "Les Fils de Brume" avant de jeter un sort à Brandon Sanderson... 

Mais je conseillerai ce petit ouvrage aux amateurs du genre et aux fans d'heroic-fantasy, ainsi qu'au lecteurs désireux de croiser le chemin d'une héroïne de roman qui fait autre chose que de tomber amoureuse. 
Mais je déconseillerai aux frileux du genre, qui souhaitent un univers complexe et détaillé.

Mélu.

mercredi 25 mars 2015

Le Chant des Orques de Antje Babendererde.

Résumé : 

Depuis de la mort de sa mère, Sofie vit seule à Berlin avec son père, un photographe reconnu, mais qui n'a jamais été très présent. Lorsqu'il lui propose de l'accompagner un mois pour son travail aux Etats-Unis, Sofie hésite, puis accepte, consciente que c'est l'occasion de se rapprocher de lui. Ils s'installent donc à Neah Bay, dans un motel tenu par une Indienne et son fils, Yavid, un garçon beau comme un astre. Dès leur première rencontre, c'est le coup de foudre. Tandis que le père de Sofie part en reportage, la jeune fille passe son temps avec Yavid. Celui-ci lui raconte les histoires de son clan, l'emmène en zodiac voir des orques et travailler sur le canoë qu'il prépare pour les Makah, la grande fête traditionnelle annuelle. Jour après jour, grâce à Yavid, Sofie retrouve confiance en elle et le goût de vivre. Cependant, elle se dispute souvent avec son père, qui supporte mal de la voir grandir, et la fête Makah approchant, elle redoute l'inévitable retour à Berlin... 




Mon avis : 

Encore un livre emprunté sur mon lieu de travail. Il paraît qu'il n'est plus édité, et j'ai un peu la flemme de vérifier je dois le reconnaître !
Je ne peux pas dire que j'ai passé un mauvais moment de lecture... mais je ne peux pas vous dire que j'ai adoré non plus. Il s'agit d'un ouvrage à destination de la jeunesse assez dépaysant et plutôt réaliste. Je dis bien "plutôt" parce que certaine situation me semble bien exagérées... mais n'oublions pas que nous sommes dans une fiction et une fiction n'a pas forcément vocation à nous montrer la réalité ! 
Le personnage de Sofie m'a totalement bouleversée au début du roman, rongée par le décès de sa maman qui était la personne la plus importante de sa vie elle vivote comme elle peut entre un collège où l'on ne la considère pas et un père qu'elle croise à peine... il s'agissait d'une adolescente touchante et intelligente. Mais je reconnais que son évolution m'a laissée de marbre, c'était logique mais sans saveurs. 
En revanche j'ai adoré qu'on nous dépeigne la culture amérindienne à travers les yeux d'une touriste, d'une étrangère. C'est dans cette position qu'on est le plus à même de comprendre quelque chose qu'on ne connaît absolument pas ou tellement peu que ça revient au même... (en tout cas pour moi cette position d'initiée était très salvatrice!) J'ai vraiment trouvé le côté "apprenons en plus" sur cette culture très appréciable. Même si elle se retrouve bien vite mise de côté au profit de l'histoire sentimentale... c'est tellement dommage ! 
Pour finir cette chronique : c'était pas mal, mais pas inoubliable. 

Je conseillerai ce livre aux adolescentes adorant les histoires d'amour de leur âge et désireuse d'en apprendre un peu sur la culture amérindienne. 
Je déconseillerai cette lecture aux amateurs de livres vraiment dépaysants de bout en bout.

Mélu.

mardi 24 mars 2015

Je suis un dragon de Martin Page.

Résumé : 


Margot est une jeune orpheline timide et solitaire. Un jour, elle découvre sa véritable nature : elle est douée de capacités extraordinaires. Ces pouvoirs la terrifient, elle les dissimule jusqu'à ce qu'un événement tragique la contraigne à se dévoiler. On lui demande alors de mettre ses dons au service de l'humanité. Sa vie se partage désormais entre son quotidien de jeune fille espiègle et des missions d'une grande violence. Adulée et crainte, elle devient une icône. Mais peut-on sauver le monde si l'on s'y sent étranger ? 

Mon avis : 

J'ai lu ce livre au début du mois de Mars et de façon extrêmement rapide. Il faut dire que la mise en page est trrrrès aérée et que le style de l'auteur pour le moins concis. 
Cependant, même si ma rapidité de lecture est surtout due au fait que je ne pouvais pas faire autrement, je ne dirais pas que ce livre ne m'a pas plu ou que je ne m'en souviendrais pas. J'ai beaucoup aimé cette lecture, et je pense que les thèmes que cette fiction aborde ne me quitterons pas avant un bon moment... voir peut être jamais. 
Je suis une fervente militante pour l'acceptation de tout ce qu'on appelle "les différences" (et elles sont tellement plus variées que vous ne le pensez sûrement...), donc ce livre m'a particulièrement parlé. Ce livre traite principalement du sujet de la différence et de l'acceptation de cette différence en tant que telle : l'être humain est-il en mesure d'accepter sans s'interroger, sans rechigner et de façon inconditionnelle la différence d'un autre être humain ? On connaît tous la réponse... mais ce livre va bien plus loin puisqu'il nous expose la différence comme l'humanité (au sens seule la différence est digne d'être appelée "humanité) et la norme comme la monstruosité. 
Les points de vue étant inversés on est plus à même de comprendre le personnage de Margot, pliée aux règles des êtres humains mortels parce qu'elle est seule... alors qu'elle est toute puissante. On y croise le désir ardent d'une adolescente d'être acceptée par le monde, parce que c'est l'âge de l'identification au groupe et on y retrouve la volonté de comprendre les rouages de la société. 

Comme vous pouvez le constater cette lecture fait beaucoup réfléchir, et je trouve très malin de la part de l'auteur de nous avoir pondu ce roman en utilisant la sphère marginale, mais qui tend à se démocratiser, merci le MCU Avengers, des super-héros : la lecture en devient ludique. Enfin "ludique" restons dans la sobriété, ici tout n'est pas de couleurs flashy avec des jingles non mais tout de même, on se surprend à imaginer une vie réelle pleine d'extraordinaire. 

Bref, je ne peux que conseiller ce livre à ceux qui ont envie de lire sur la différence, qui apprécient la littérature condensée et qui aiment philosopher à l'aide de la pop culture. 

Mais je déconseillerai aux allergiques des textes aérés, courts et condensés. 

mardi 17 mars 2015

Feed [ #1 Newflesh Trilogy ] de Mira Grant.




ALERTE BOOK HANGOVER ! 

Il va m'être difficile de vous parler de ce livre, vraiment. Pour tout vous dire je voulais attendre un peu avant de le faire... j'ai d'autre livres que je voulais/devais chroniqués en priorité et... et non, ça sera Feed. C'est avec ce qui me reste de volonté que j'écris cette chronique.



2034. Il y a vingt ans, l'humanité a vaincu le cancer. Le rhume n’est plus qu’un mauvais souvenir. Mais elle a créé une chose terrible que personne n’a été capable d’arrêter. Une infection virale. Qui s’est propagée à une vitesse redoutable, le virus prenant le contrôle des cerveaux, avec une seule obsession : se nourrir.
Issus de cette génération sacrifiée, Georgia et Shaun Mason sont les maîtres de la blogosphère, devenue le seul média indépendant proclamant la vérité sur ce qui se passe derrière les barricades. Shaun, la tête brûlée, et Georgia, l’âme du duo, enquêtent sur l’affaire la plus importante de leur carrière : la sinistre conspiration qui se cache derrière les infectés. Et ils sont bien décidés à faire éclater la vérité,


J'ai voulu lire ce livre dès que j'ai découvert son existence, c'est à dire au moment de sa traduction en VF il y a 3 ans. Si vous voulez la raison bête et méchante du "pourquoi je ne l'ai pas lu à ce moment là" : il coûtait tout simplement beaucoup trop cher pour ma micro bourse. 
J'ai profité de la générosité d'un tiers, et du fait que la trilogie soit rééditée en poche pour me le procurer (enfin!) et le lire (ou l'engloutir?) dans les deux jours qui ont suivis. 
Feed c'est une bonne brique de presque 700 pages, qui semblait traiter de l'apocalypse zombie d'une toute autre manière. Ça m'attirait tellement... 
La première particularité que j'ai noté dans cet ouvrage : c'est qu'il n'y a pas eu d'apocalypse. Tout au plus un gros foutoir, une organisation de survivants mais pas de fin du monde. Une fois que tous les survivants furent passés à autre chose le monde continua sa course comme si de rien n'était, avec des zombies dans le décor en plus. L'originalité de ce propos m'a juste sciée. Je n'avais jamais vu ça auparavant et j'ai trouvé ça génial. (Vous pouvez me croire quand je vous dis que je n'utilise jamais le mot génial) 

Le fait que l'auteur soit une femme m'a vraiment plu aussi : heeeey ouii les fâmes peuvent aussi écrire des livres de zombies qui ne soient pas des romances ! (j'ai jamais compris le délire de la romance humano-zombie d'ailleurs...) 

Ce roman est tout sauf un livre "facile". Oui l'histoire se lit facilement, ce n'est pas ce propos là que je soutiens, mais plutôt dans le scénario. Rien dans les ficelles de l'intrigue n'est trop gros, invraisemblable et tout est maîtrisé de bout en bout. Je n'ai jamais, à aucun moment, pensé "oh non là l'auteur part en vrille, elle a écrit trop de pages pour rien..." alors qu'il s'agit d'un pavé. Mira Grant déploie son intrigue avec finesse, tout en délicatesse pour arriver à atteindre un paroxysme de suspense dans le dernier quart de l'ouvrage. 

Certains diront que le fait que les rebondissements arrivent trop tard, qu'on n'a pas pu les sauver de l'ennui avant. Je pense que je pourrai comprendre ces personnes: c'est vrai que les trois quart de l'ouvrage sont moins sur une action trépidante que sur du développement d'univers, de personnage et d'intrigue. On sent qu'il y a tellement de choses qui grondent sous les pieds de nos héros qui cherchent à savoir la vérité... on sent qu'ils vont tomber dans quelque chose d'énorme et... et voilà. 

Si j'avais un petit reproche à faire à l'intrigue ce serait peut être que la fin m'a semblée convenient (comme ils disent en anglais) : que tout s'empilait plus facilement sur la fin que tout ne s'était empilé jusqu'alors. Mais vraiment à mes yeux ce n'est pas le plus important : je retiens surtout la force de caractère des personnages, leurs relations absolument incroyables (d'une crédibilité démesurée) et l'attachement profond qui m'a retenu aux deux protagonistes principaux pendant tout le livre. 

Georgia (notre narratrice) et Shaun son frère partagent une profonde connexion, qu'on pourrait presque qualifiée d'incestueuse dans le sens où ils ne voient personne d'autre que l'autre face à eux. Ils seraient prêt à mourir ensemble pour ne pas vivre l'un sans l'autre. J'ai trouvé cette relation bouleversante et encore maintenant j'ai des bouffées d'émotions vives en y repensant.
Les autres personnages bénéficient tous d'un traitement intéressant et j'avoue avoir un petit faible pour certain. Les dialogues sont jouissifs et plus d'une fois je me suis dit que ça sonnerait incroyablement bien dans un film ou une série télé. 

Bref, pour finir je conseillerais ce livre aux mordus du genre "zombie" qui sont un peu lassés des traitements ordinaires qu'on en fait, mais aussi aux (bons) lecteurs qui apprécient les univers fouillées, crédibles et les dialogues au vitriol. 

Cependant je déconseillerai aux amateurs de frissons gores, pas de scènes "yummy" à vous mettre sous l’œil, aux allergiques des pavés (je le redis la bête fait presque 700 pages...) et aux allergiques des descriptions. 


Moi je me retiens de lire la suite pour m'en garder un peu pour plus tard... 

Mélu.